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UT Actualités Archives le 13/10 : Rentrée académique

le 13/10 : Rentrée académique

Lundi, 22 Octobre 2007 16:11
SEANCE SOLENNELLE DE REOUVERTURE DES COURS



       






OUVERTURE DE LA SEANCE
Par Monsieur Yves LARDINOIS,
Député provincial du Hainaut,
Président de l’Université du Travail
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Monsieur le Directeur,
Mesdames et Messieurs en vos titres et qualités,

C’est pour moi un réel plaisir de pouvoir ouvrir cette rentrée académique.
A chaque début d’année civile, à chaque rentrée scolaire, chacun d’entre nous a un tas de bonnes résolutions en tête.
Qui peut prétendre qu’aucune pensée ne lui vient à l’esprit dans ces moments ? « Cette année, je ferai ceci… je ne ferai pas cela ».  Ce sont des aspirations !
Tout le monde sait que les citoyens que nous sommes ont des droits et des devoirs mais entre les deux, il y a – bien sûr – les aspirations.  Aspirations pour lesquelles des sacrifices sont parfois nécessaires, des compromis sont parfois à trouver, des dialogues à engager… en somme, c’est cela le respect de l’autre : c’est en quelque sorte cela aussi la démocratie !
Bien que dans une démocratie, c’est la majorité qui fait normalement le droit, il ne faut pas oublier, alors, que la garantie du droit de minorité ne se trouve pas dans le principe de démocratie.
Ce droit se trouve dans le fait que la majorité des gens pensent que les droits légitimes des minorités doivent être respectés, autrement dit cette garantie donnée aux minorités c’est en quelque sorte  le respect de l’autre, c’est de la tolérance, c’est tout à fait fondamental en démocratie.
Si je vous parle aujourd’hui de cela, c’est parce que la démocratie n’est pas seulement un régime politique mais aussi et surtout une manière de vivre.
Ces valeurs, nous devons les respecter au quotidien, à l’école, en famille mais parfois, on peut se demander comment elles sont vécues chaque jour…
Dans la vie quotidienne, nous remarquerons très vite que les plus costauds ont tendance à abuser de leur force, que parfois certaines personnes sont traitées avec mépris, que certaines personnes handicapées souffrent tous les jours, que les jeunes de couleur subissent parfois des discriminations.
Nous vivons en démocratie mais notre société reste malheureusement encore inégalitaire ou injuste à l’égard des plus faibles.
Et pourtant demain, nous pourrions tous être l’un d’entre eux puisque les aléas de la vie peuvent rapidement nous y amener… Il faut y penser, le faire remarquer à ce petit costaud dont je parlais tout à l’heure parce que c’est très important et tout le monde doit le savoir !
Chaque jour, nous respectons un certain nombre de règles, souvent, il faut bien le dire par peur du gendarme mais personne ne nous apprend à être tolérant et solidaire.

D’autre part, malgré notre éducation, il nous arrive de porter des jugements sur les autres sans réfléchir, sans les connaître… ce sont nos préjugés.
Ceux-ci sont parfois tenaces, il nous faut les refouler en nous par un effort critique permanent.
L’éducation, elle, joue bien évidemment un rôle très important dans ce domaine.  L’école transmet à la fois des connaissances et des valeurs mais elle doit aussi être à la base de l’intégration.
Les différences culturelles sont parfois source de tension et l’école doit jouer son rôle en reconnaissant le droit à la différence et non pas la différence de droit… sous peine de voir se multiplier les groupes au mieux irrespectueux, au pire haineux les uns par rapport aux autres.
Il faut s’assembler plutôt que se séparer – la séparation entraîne la discrimination – et cela fait plus de 100 jours que nous avons un exemple devant nous !
La plupart des étudiants partagent les mêmes goûts pour la musique, le sport, le cinéma ou le théâtre. Beaucoup portent la même marque de jeans ou d’autres vêtements…
Les points communs sont donc là, ils en ont, c’est certain ! Alors pourquoi ne pas s’enrichir en échangeant des idées, des infos sur les pratiques culturelles ou autres ?
Sans arrière-pensée, il faut établir un dialogue. Soyons donc tolérants mais également critiques.  Il est important de condamner et de lutter contre toutes les formes d’intolérance, de discrimination.
Et là, notre enseignement provincial a toujours été à la pointe dans un souci d’égalité des choses.
 Déjà Paul Pastur s’était rendu compte que les formes de l’enseignement se fondaient sur l’inégalité sociale et accordaient aux uns les chances qu’elles refusaient aux autres.
 L’enseignement était conçu et géré par les bourgeois dont le programme était d’emplir les têtes de connaissances et de préjugés et d’entretenir une certaine société avec ses nantis, ses humiliés, ses offensés…
Nous sommes, il faut l’avouer, loin encore aujourd’hui de l’égalité dans le savoir ou devant l’emploi mais beaucoup de progrès furent réalisés.
A l’initiative de ces progrès, un Homme, la grandeur du Hainaut, je citerai Paul Pastur.
L’enseignement technique, les loisirs des travailleurs, des bourses d’études, l’enseignement spécialisé, le recyclage, l’enseignement audiovisuel sont quelques fleurons à mettre à son actif.
Quand nous développons aujourd’hui les échanges européens pour nos élèves de la Haute Ecole, il faut se rappeler que c’est aussi Paul Pastur qui a inventé les excursions scolaires en partant, pour la première fois d’ailleurs, avec les élèves de la section industrielle supérieure en 1907, en visite au Port d’Anvers.
Quelques années plus tard, il rendait les excursions  obligatoires afin que les élèves puissent s’ouvrir sur la société, rencontrent leurs différences et puissent ainsi avoir un esprit plus libre et plus averti.

Tout ceci pour vous démontrer, si besoin en est, que la Province, depuis plus de 100 ans, est à la pointe de l’enseignement et que nous comptons, grâce à la qualité de nos enseignants – et là, j’insisterai car nous avons des enseignants vraiment formidables – rester au top des années encore en développant des projets novateurs ouverts à tout un chacun, dans un esprit de tolérance et de solidarité.
Je vous remercie.

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RAPPORT D’ACTIVITES DES INSTITUTIONS D’ENSEIGNEMENT
Par Monsieur Guy BEART,
Directeur Général Régional
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Monsieur le Président,
Je vous remercie de me permettre, à l’occasion de cette séance académique, d’illustrer vos propos par un bref aperçu de nos activités et par l’exposé de projets ambitieux dans lesquels l’Université du Travail tient à s’inscrire.
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Mesdames et Messieurs les Députés,
Mesdames et Messieurs les Députés
et Conseillers provinciaux,
Monsieur le représentant du Bourgmestre,
Madame l’Échevin de la Ville de Charleroi,
Mesdames et Messieurs les Magistrats,
Mesdames et Messieurs,
chacun en vos titres et qualités,

« Servir l’Homme, servir l’Industrie »

Il me plaît une fois de plus de rappeler cette devise qui, depuis plus d’un siècle, préside à l’engagement de l’enseignement provincial dans la Région de Charleroi.
Cette devise est plus que jamais la nôtre.
Elle est même le fil conducteur de cette séance de rentrée en ce sens que nous voulons faire écho, à travers notre conférencier en particulier, à l’appel pressant des entreprises technologiques qui veulent s’implanter dans notre région. Elles savent que cette dernière possède une longue tradition de compétences techniques qu’il suffit de réactiver.
Pour cela, nous parlerons d’un triangle équilatéral à consolider  : les jeunes ou moins jeunes, les entreprises et le ciment qui les lie : la Formation.
Cette figure solide n’a de réalité que si chacun de ses côtés est présent et relié aux deux autres.
Comment rendre crédible auprès des jeunes un projet de vie en relation avec les entreprises   technologiques ?
Comment assurer les entreprises d’une bonne rentabilité et d’une bonne expansion en s’associant aux premiers ?
Comment enfin permettre l’adéquation des uns aux autres ?
 
Je crois qu’il faut renouer un lien fort entre les instituts de formation et les secteurs des entreprises.
Il est primordial de donner à la population une vision claire des filières de métiers valorisants parce qu’elles font nécessairement appel à l’intelligence dans sa diversité de forme, sans y mettre une hiérarchie, et parce qu’elles peuvent toujours s’ouvrir au perfectionnement à des degrés supérieurs. Aucun choix ne peut être à priori une relégation, mais doit être une piste individuelle afin de réaliser un contrat de vie positif. Il faut pour cela que notre enseignement donne une visibilité de filières allant du secondaire au supérieur, y compris universitaire, et qui soient soutenues par les entreprises tant en moyens de stages qu’en possibilités d’embauche attrayante.
Pour relever la partie de ce défi, qui lui incombe, la Province de Hainaut, sous l’égide d’une Institution à la visibilité certaine, « l’Université du Travail Paul Pastur », rassemble, à Charleroi, trois écoles secondaires, cinq écoles de promotion sociale et une haute école composée de cinq départements.
Cet ensemble représente une population de quelque 9500 élèves ou étudiants et implique près de 1200 enseignants et chargés de cours ainsi que près de 340 membres des personnels administratif et technique.
Les secteurs de formation, tant au secondaire qu’au supérieur du plein exercice ou de la promotion sociale, couvrent les multiples créneaux, qui font vivre une région, qu’ils soient économiques, paramédicaux ou techniques. Le supérieur se complète des secteurs pédagogiques et sociaux.
Le dépliant qui vous a été remis à l’entrée de la salle vous déploie le très large éventail des finalités, options et spécialités offertes au large public en quête de qualification de base ou supérieure.
La population totale se répartit approximativement en  22% pour le secondaire (2100 élèves), 28% pour la Haute Ecole (2600 étudiants), et 50 % pour les formations d’adultes.
Globalement, par rapport à l’an dernier, ces nombres se maintiennent avec des variations internes qui se compensent, tenant compte des modes ou d’effets persistants plus inquiétants, comme le recul progressif des sections économiques et depuis plus longtemps des sections techniques.
Une attention particulière porte actuellement sur le biomédical et sur le technique.
Il se fait que l’un et l’autre connaissent un essor considérable au niveau de la recherche fondamentale et appliquée. Un nouveau besoin de main d’œuvre qualifiée très spécifique se crée en Wallonie et particulièrement en Hainaut, en partie sous l’impulsion du Plan Marshall.
En effet, une connexion significative devient indispensable entre les deux domaines. Elle correspond au développement d’un nouveau secteur technologique dans lequel nous devons nous investir. Je veux parler de l’alliance entre d’une part les sciences biomédicales et d’autre part les sciences et techniques dures. Ce nouveau besoin de double compétence peut être rencontré dans une nouvelle formation que nous appellerions  ‘Biotechnique’. Nous en reparlerons au niveau des formations supérieures.
Mon propos sera de vous montrer que l’Université du Travail, à tous les niveaux, est interpellée par la situation économique de sa Région et qu’elle s’implique dans son relèvement. Elle renouvelle également sa pédagogie. Elle veut l’associer aux technologies nouvelles de la communication, les mêmes qu’utilisent les entreprises. C’est une façon de contribuer très positivement aux besoins d’efficacité professionnelle dans notre Région.
Région de Charleroi, trop souvent encore associée au problème du chômage, de l’insécurité, de la morosité de la vie commerçante ou estudiantine. Depuis un an, cela n’a pas changé, d’autant que s’y ajoutent ce que la chronique appelle ‘les affaires’.
Sans qu’il y ait le moindre lien, une de nos institutions de promotion sociale est mise sur la sellette. Il y a plusieurs années, a été découvert un détournement important d’argent du chef d’une économe au détriment de la Province qui a porté plainte. S’en est suivi une dénonciation portant sur des inscriptions fantômes malgré les contrôles des inspections sur plusieurs années.
Sur base d’enquête interne et de contrôles externes, je puis confirmer que le fonctionnement présent de nos institutions est respectueux des règles de bonne gestion.
Ne plongeons pas dans l’amalgame et la chasse aux sorcières. Treize composantes ne sont pas en cause et encore moins la Haute Ecole qui ne gère pas de promotion sociale. Les annonces lacunaires jettent le doute qui paralyse à tort les actes de droiture et d’engagement.
Toutes nos énergies se concentrent sur notre idéal : « servir l’Homme, servir l’Industrie ».
Il faut savoir, comme il me plaît à le dire souvent, que les habitants d’ici aiment leur Région : ils veulent réaffirmer leur convivialité,  leur sens de l’accueil et surtout leur volonté d’y travailler.
Il me plaît aussi de souligner l’importance de la vie culturelle à Charleroi sans laquelle la vie professionnelle n’aurait pas sa plénitude. La Province y contribue aussi de façon non négligeable en créant, sur le site même de l’Université du Travail, dans le bâtiment Solvay,  le Musée d’art contemporain, connu sous le nom de BPS22.
Je tiens aussi à vous vanter la Bibliothèque Langlois, ouverte à tout public et associée à notre Institution. Elle anime ce bâtiment administratif en accueillant un centre de bibliothèque virtuelle et une ludothèque. Elle vient d’inaugurer ses nouvelles installations. Notre atrium accueille de nombreuses expositions.
Culture et formation vont de pair. De nombreuses activités sont organisées en ce sens dans nos écoles. Et notre séance de rentrée veut en faire la preuve en invitant un artiste de renom.
Toutefois, notre première ambition est de mettre en adéquation qualification et besoins des entreprises. Celle-ci est parfois mise en cause, en d’autres lieux, et pointée comme une des raisons de la pénurie de candidats à l’embauche.  Je ne le crois pas, en ce qui nous concerne.
Nos contacts réguliers avec les personnes actives dans les entreprises, les rencontres dans les jurys de sortie, les réponses ciblées aux besoins de formations sont un garant de cette adéquation.
Le problème vient de ce que l’image de certains secteurs, notamment industriels et techniques, souffre encore de préjugés au sujet desquels, les autorités de la Province se préoccupent de manière permanente pour l’avenir de l’enseignement qualifiant dispensé dans ses écoles techniques et professionnelles.
Dans cette démarche de promotion des sciences et des techniques, nous retrouvons également des actions des fédérations d’entreprises, comme Fedichem et Agoria, et des associations de diplômés ingénieurs, comme l’UFIIB, la FABI et l’AIIH.
Il faut faire savoir qu’il y a pénurie inquiétante dans les secteurs scientifiques et techniques et que notre développement passera par une réelle prise de conscience de tous, citoyens et décideurs, de l’importance compétitive de la connaissance.

Au niveau du Secondaire, si la Samaritaine maintient sa population à plus de 960 élèves pour des sections de services aux personnes, l’Institut Jean Jaurès avec 530 élèves se tournant vers le tertiaire économique et l’IETS de plein exercice avec 650 élèves visant des compétences techniques connaissent un léger tassement.
Ce phénomène est assez général et est observé ailleurs. Ce qui est, de plus, à remarquer, est le très large déséquilibre de population entre le 1er degré et le 2e degré au bénéfice de ce dernier dans une proportion déraisonnable de 1 à 8.
On observe également un déséquilibre dans la tranche d’âge des élèves du 2e degré dont la moyenne s’écarte anormalement de 15-16 ans.
Ceci montre que le choix initial du secteur de formation n’est pas le qualifiant en général et encore moins le technique en particulier. Celui-ci n’est toujours pas un premier choix alors que le monde industriel est fortement demandeur de techniciens qualifiés. Trop de jeunes aussi sortent du circuit de la formation à leur majorité sans aucune qualification.
Une étude parue récemment dans le Soir indique que si le chômage a baissé en Wallonie de 10,4%, il est encore de près de 22% en région de Charleroi. Ceci représente un triste record belge même si on compte une baisse de ce pourcentage de 8% en un an, ce qui est malgré tout inférieur à la moyenne wallonne.
Une étude récente du FOREM de la Région de Charleroi donne le détail suivant :
Sur 45 000 demandeurs d’emploi inoccupés, dont une majorité de femmes, 40 % ont moins de 30 ans. Le niveau de scolarité est faible puisque 61% n’ont pas été au-delà du secondaire du 2e degré ! Ce pourcentage est plus élevé qu’ailleurs en Région wallonne. Comme on le sait, c’est parmi les diplômés du supérieur et de l’université que la demande d’emploi est la plus faible, se situant actuellement à 6 % après une diminution de 13%.
Il est grand temps d’aller au-delà du simple constat des chiffres et de l’offre isolée de formation. Il faut s’inscrire dans une organisation plus globale de l’enseignement obligatoire.
L’Université du Travail veut être un des acteurs d’une démarche qui puisse mettre sur le même pied ce qu’on appelle le général, le transitoire et le qualifiant.
Il faut pour cela qu’une jonction collaboratrice puisse se faire entre le dernier degré du fondamental et le secondaire en général dans le sens d’une découverte plus concrète des orientations possibles notamment vers des métiers.
Il faut une collaboration entre établissements du secondaire général et du secondaire qualifiant notamment en donnant une meilleure neutralité au 1er degré et en valorisant toutes les filières possibles du 2e degré.
Il faut donc une collaboration entre la Communauté, la Ville, la Province et sans doute avec d’autres.  Il faut créer des entités cohérentes et complémentaires en relation directe avec les entreprises, les Centres de compétence et les Institutions supérieures et universitaires.
Il faut donner les moyens d’une visibilité des formations économiques et techniques comme conduisant à des métiers valorisants et à des spécialisations de haut niveau au sein des institutions supérieures.
C’est dans ce sens que nous voulons déposer un projet de Centre de Technologie Avancée, ou CTA, dans le domaine de la Mécanique appliquée ; plus précisément, dans l’usinage à commande numérique, la pneumatique, l’hydraulique et la maintenance.
Nous répondons ainsi à un appel général de la Communauté française qui financera l’équipement de pointe de près de 20 CTA à raison de un million d’euros chacun.
Dans l’esprit préconisé en début d’exposé, notre projet s’élabore en totale concertation avec Technofutur Industrie, Agoria et les forces vives socio-économiques de la Région de Charleroi.
Ce CTA se veut complémentaire de Technofutur. Il partagera sans doute, en plus du site de l’UT, en partie certaines infrastructures qui pourraient s’établir à l’Aéropôle de Gosselies, justement près d’entreprises de pointe et de Centres universitaires de recherche.  Le dossier sera déposé pour la fin de ce mois.
Ceci s’inscrit dans une longue tradition d’investissements de la Province pour son enseignement technique. Ainsi, grâce au CREPT, une machine à commande numérique 5 axes vient d’être livrée à l’Université du Travail. Ce sera un outil performant mis à disposition des formations techniques et du nouveau CTA.

Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs,
En  ce qui concerne la Promotion sociale, l’Université du Travail adapte ses formations aux demandes des entreprises, du FOREM mais aussi aux souhaits d’accès à des métiers d’indépendants.
Dans le supérieur, la mutation se poursuit vers la modularisation et vers la concordance avec le plein exercice dans le cadre de la Réforme de Bologne. Les Bacheliers et les Masters sont mis en place. Des partenariats avec BIOWIN et CEFOCHIM enchantent tant les enseignants que les étudiants. Nos installations rencontrent de nombreux besoins comme le bâtiment, les techniques d’énergie renouvelable, la construction métallique, les techniques poussées de soudure, l’infographie, les formations CISCO, les techniques électriques, la chimie industrielle …
La volonté de s’inscrire dans le processus de ‘démarche qualité’ se concrétise dans deux institutions avec la mise en place d’un comité de gestion de la qualité. Deux formations ont été choisies pour application.
Les formations en alternance du CEFA à Farciennes permettent une réinsertion de plus en plus satisfaisante.
La Haute Ecole s’inscrit également dans la proposition de cohérence et de visibilité de nos formations supérieures. Depuis dix ans que coexistent les types court et long dans certaines catégories comme le technique et l’agronomique, il est logique de faciliter plus encore leur complémentarité et leur synergie de moyens. Un cas concret vient d’être réalisé avec l’accord de tous les intervenants et sans préjudice des parties.
De façon à créer un « Pôle des sciences et techniques du vivant » et un « Pôle des techniques de maintenance » intégrant les filières bachelier et master en un même lieu et partageant des infrastructures dont on peut mieux assurer le niveau de pointe, deux Hautes Ecoles provinciales ont échangé des sections situées en Hainaut Occidental.
La HEPCUT a cédé à la HEPHO sa filière Ingénieur industriel en agronomie implantée à Ath et Tournai pour compléter les bacheliers en agronomie de type court de la HEPHO. Cette dernière a cédé à la HEPCUT son bachelier de type court en Informatique et système venant s’ajouter à la section de type long d’ingénieur industriel en électromécanique située à Tournai tout en restant liée à celles situées à Charleroi. Une nouvelle dynamique s’ensuit pour l’agronomie qui voit déjà sa population en hausse. Ceci indique que mes prémices se justifient.
Il faut par ailleurs souligner l’engagement de la HEPCUT, depuis quatre ans, dans le processus de Bologne. Les échanges et la mobilité des étudiants, dont vous parliez Monsieur le Président, devraient être favorisés par la nouvelle codification des pondérations des cours  basée sur des crédits ECTS représentant pour chaque étudiant l’importance normalisée de son travail se rapportant à une échelle totalisant 60 crédits.
 
Finies aussi les licences, place aux masters dès cette année. Cela conduira, à quelques exceptions près de redoublement dans l’ancien système, à ce qu’aucun ingénieur industriel ne soit diplômé en 2008. Or, on connaît la pénurie d’ingénieur. Mais, c’est le prix à payer, espérons-le, pour une meilleure visibilité au niveau européen et pour une meilleure intégration opérationnelle en entreprises, grâce aux stages de longue durée intégrés dans les cursus.
Dans le but de développer une « learning school », c’est à dire un ‘organisme apprenant’, où chacun, à chaque niveau, augmente continuellement ses capacités à produire des résultats qui lui importent vraiment, une Commission d’évaluation interne de la Haute Ecole est mise en place de façon à, non seulement, pratiquer l’évaluation interne mais aussi satisfaire aux audits de l’Agence pour l’Evaluation de la Qualité dans l’Enseignement Supérieur (AEQES) de la Communauté française.
Quatre nouveaux laboratoires d’informatique dotés des meilleurs outils de formation ont été installés au sein de locaux totalement rénovés de la catégorie économique. En trois ans près de 500 000 euros ont été investis en infrastructures et en matériels.
Il faut encore signaler que la collaboration avec le WAN à Gosselies a permis de mettre notre bachelier en Aérotechnique en conformité avec les normes européennes EASA (European Aviation Savety Agency) requises pour les formations en maintenance d’aéronefs. La section sera auditée par le BCAA (Belgian Civil Aviation Administration). Ce résultat n’aurait pas pu être obtenu sans l’investissement total des enseignants pour se mettre en conformité avec les exigences draconiennes des normes européennes en matière de maintenance aéronautique et le solide partenariat avec le WAN de Gosselies.
L’ensemble des activités d’enseignement, de formation, de services et de recherche appliquée confèrent à l’enseignement supérieur en général un réel savoir-faire et à l’enseignement supérieur technique de type long en particulier des compétences technologiques reconnues.
Aux différents programmes FIRST HE ayant déjà obtenu précédemment un subside de la Région wallonne, s’ajoute cette année encore un nouveau projet dans le domaine pharmaceutique en collaboration avec TOTAL. Des collaborations scientifiques se poursuivent avec les universités et notamment avec les Facultés polytechniques de Mons dans le domaine de l’électronique. Un Institut de biotechnique devrait rassembler, en une dorsale Charleroi-Mons-Tournai, les compétences de trois Hautes Ecoles officielles en Hainaut dans les domaines des sciences du vivant et des sciences électroniques, informatiques et mécaniques.
Ce projet devrait pouvoir bénéficier des compétences et des équipements hautement sophistiqués d’un nouveau Centre de formation BioMed qui s’installerait à Gosselies près du centre IBMM de l’ULB. Des contacts existent pour une future collaboration. Ceci ira toujours dans le sens de mes prémices.
Cependant, toutes ces activités se déroulent sur une toile de fond en mouvement constant.
Tout le monde parle de regroupement, certains de fusion, de co-diplomation, d’autres de délocalisation sur des villes universitaires.  La pression est mise, sous la menace de quotas de population étudiante minimale, pour la diminution de l’offre de sections, notamment dans le technique.
Il est vrai que, en regard des faibles populations actuelles dans les études d’ingénieur (elles ont diminué d’un facteur deux à l’entrée en dix ans), – Monsieur Castagne vous en parlera sans doute - il devient difficile d’organiser, sur le Hainaut par exemple, jusqu’à trois fois une même finalité. Des contacts existent entre les trois réseaux sur le Hainaut pour créer des pôles basés sur quatre grands secteurs industriels (Chimie – Construction – Electromécanique – TIC) et qui soient spécifiques à chacun de façon à éviter les doublons, à renforcer la visibilité et à consolider la valeur des investissements .
Une des difficultés réside dans l’inégalité d’attrait des secteurs et donc dans l’inégalité des échanges. Les pièces troquées n’ont pas la même valeur notamment vis-à-vis de la section forte en débouchés comme l’Electromécanique. A elle seule, elle totalise presque les populations et offres d’emploi des trois autres.
Néanmoins, un terrain d’entente devrait pouvoir à terme se concrétiser en acceptant de construire des filières cohérentes associant types court et long.
Il faudra  de toute façon maintenir sur Charleroi, sans oublier Ath-Tournai, des formations techniques de type long associées aux différents projets ambitieux qui se développeront notamment autour des Centres de Compétence, des CTA et des Centres de recherche comme sur l’Aéropôle de Gosselies.
Enfin, Mesdames et Messieurs, je tiens à dire quelques mots pour illustrer la volonté d’associer à notre pédagogie présentielle bien connue un outil d’apprentissage virtuel, dénommé « Campus Numérique ».
Grâce à un accord entre la Communauté française et BELNET, chaque Haute Ecole dispose, à prix abordable, d’un accès à l’internet académique avec une bande passante de 1 Gb. Il est nécessaire d’exploiter au mieux cette opportunité. La difficulté est que la Haute Ecole ne dispose que d’un seul point d’accès alors qu’elle possède plusieurs implantations assez distantes les unes des autres. L’intérêt de BELNET est d’offrir cette autoroute numérique au plus grand nombre et de façon sécurisée pour des services pédagogiques multiples. Des investissements importants en personnes et en équipements ont été réalisés à l’UT.
Bon nombre d’universités ont déjà construit leur plate-forme numérique. Certaines Hautes Ecoles flamandes possèdent la leur. Je puis vous annoncer que l’UT également.
Le Campus Numérique de l’UT permet de mettre en communication en tout temps et en tout lieu les différents acteurs d’une formation. Il intègre le réseau filaire existant, comme un réseau WiFi sécurisé nouvellement installé dans la plupart des bâtiments.
Il est réservé uniquement à la communauté scolaire ou académique de l’UT et dispose d’éléments actifs d’identification et de permissions d’accès et d’actions  aux services selon le statut du participant.
La plate-forme fournit l’environnement de la classe de l’élève ou de l’étudiant pour suivre les cours, les remédiations, les travaux de groupe, les exercices, les tests, etc …
L’environnement des valves électroniques est standardisé tout en ne concernant que le consultant. La bibliothèque est également virtualisée quant à son catalogue. Une offre de portables de qualité professionnelle est également diffusée par le campus numérique.
Ces outils cherchent à promouvoir le développement et l’épanouissement de l’étudiant, son autonomie et sa responsabilisation. Le Campus Numérique fait dès maintenant partie du paysage éducatif de l’enseignement supérieur tant en promotion sociale que dans la Haute Ecole.
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, cet exposé vous aura sans doute paru un plaidoyer trop axé sur le technologique mais ne croyez-vous pas que dans une famille, celui qui est en difficulté, fait l’objet de toute l’attention des autres, surtout s’il est un élément important d’apport de richesses.
J’espère que ce compte rendu vous aura montré l’exemple de ce que la fédération d’institutions peut apporter de cohérence et de visibilité tant pour les jeunes, les organisateurs que pour les entreprises.
J’espère aussi vous avoir convaincus que l’Université du Travail dans sa longévité, sa diversité et son engagement constant œuvre aujourd’hui et pour demain
« au Service de l’Homme et au Service de l’Industrie ».

Je vous remercie de votre très aimable attention.

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PRESENTATION DE MONSIEUR THIERRY CASTAGNE
Par Monsieur Guy BEART,
Directeur Général Régional
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Monsieur le Président, si vous me le permettez, je voudrais maintenant présenter à l’assemblée notre conférencier.

Cher Monsieur CASTAGNE,

C’est un réel plaisir pour moi de vous accueillir dans notre institution -  qui depuis toujours est si fortement liée aux entreprises wallonnes, comme je le disais, et en particulier à celles de la Région de Charleroi - parce vous en êtes le digne représentant comme Directeur Général Adjoint de Agoria Wallonie en charge de la direction Hainaut-Namur.
A cette raison bien naturelle, s’ajoute celle de retrouver une connaissance de longue date : nous avons travaillé ensemble sur de nombreux dossiers de formation et notamment il y a longtemps, pour la réforme du type court, passant de 2 à 3 ans.
C’est au sein de Fabrimétal, devenu Agoria, que vous déployez depuis 1990 vos compétences de licence en sciences du travail de l’UCL et de maîtrise en management au sein du département éducation-formation-emploi dont vous êtes le responsable depuis 10 ans.
Depuis 2000, vous êtes donc Directeur Général Adjoint et à ce titre vous présidez Technofutur, Technocité, vous êtes administrateur ou membre de commissions paritaires du métal, des fonds de pension du métal, du pôle de compétitivité génie mécanique, du centre d’entreprises et d’innovation Héraclès, du bureau d’éthique et de déontologie de Charleroi.
Dans le cadre des préoccupations que j’ai développées à l’instant, il sera très intéressant que vous puissiez donner le point de vue des entreprises technologiques sur le problème de la désaffection des jeunes pour les métiers techniques dont le développement d’une région a tant besoin.
A l’aperçu du titre de votre conférence, il semblerait qu’une nouvelle approche serait de savoir « de quelles entreprises les jeunes ont besoin ».
Mesdames, Messieurs, je vous remercie de bien vouloir applaudir Monsieur CASTAGNE, fin connaisseur de notre Région, qui nous fait l’honneur de sa présence et de nous entretenir d’un sujet d’actualité.
Monsieur CASTAGNE, je vous en prie…
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« L’INDUSTRIE DONT LES JEUNES ONT BESOIN »
Exposé de M. Thierry CASTAGNE,
Directeur Général Adjoint Wallonie - AGORIA
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Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs,
Chers Amis,
C’est un plaisir et honneur pour moi, mais surtout pour Agoria, Fédération de l’Industrie, que d’avoir été invité à prendre la parole aujourd’hui à l’occasion de la Rentrée Académique de l’Université du Travail.
Et effectivement quand on m’a posé la question, comment trouver un titre pour le sujet qui était proposé, à savoir le désintérêt des jeunes pour les études techniques, j’ai d’abord pensé à « industrie cherche jeunes techniciens », ce qui correspond à ce que j’entends tous les jours dans la région et un peu partout en Belgique et en Europe, j’y reviendrai tout à l’heure.
Puis je me suis dit « c’est déjà entendu » et j’ai ajouté « cherche jeunes techniciens désespérément, ou d’urgence ». Mais j’ai essayé de trouver quand même quelque chose d’autre et finalement c’est « l’industrie dont les jeunes ont besoin » qui est ressorti.
En préparant le sujet, je me suis rendu compte qu’en 1960 Fabrimétal – aujourd’hui on dira Agoria, Fédération de l’Industrie – avait déjà publié toute une étude avec ce titre sous forme de cahiers qui définissaient les compétences, les profils professionnels et qui s’adressaient au monde de l’enseignement et aux pédagogues pour leur dire d’adapter les programmes de formation en fonction des besoins afin que les jeunes puissent gagner facilement les entreprises par la suite.
Comme Monsieur BEART a eu la gentillesse de le rappeler, avant ma responsabilité de direction à Agoria, j’ai pris beaucoup de passion à côtoyer le monde de l’enseignement puisque pendant plus de 10 ans, je me suis occupé d’enseignement et de formations à Fabrimétal.
Et donc, à la réflexion en préparant mon sujet, je me suis rendu compte que finalement le titre c’était peut-être moins « les jeunes dont l’Industrie a besoin » que « l’Industrie dont les jeunes ont besoin », j’y reviendrai dans un instant.
Deuxième élément au-delà du titre, il est apparu que ce sujet était vraiment d’actualité puisqu’on assiste à beaucoup de rentrées académiques à l’occasion du début de l’année scolaire et universitaire et notamment à l’UCL, le Recteur, voici quelques semaines, a placé ce sujet au cœur de son intervention.  C’était un coup de pub intéressant pour les fédérations d’entreprises, dont Agoria d’ailleurs.
Monsieur CONTI, Recteur de la Faculté Polytechnique de Mons – qui est excusé je pense aujourd’hui mais qui devrait peut-être nous rejoindre plus tard – voici une semaine à peine, a également abordé ce sujet dans son intervention à la Rentrée Académique à Mons.
Aujourd’hui l’UT.  Je n’ai pas été à l’Université de Liège, ni à l’ULB, mais enfin j’imagine aisément que ce sujet pouvait être aussi au centre des préoccupations de ces établissements universitaires.
Tout cela pour dire que nous sommes heureux de voir  que le sujet préoccupe non seulement l’industrie mais également les établissements d’enseignement supérieur et universitaire.
Je vous propose de parcourir quatre points, le premier sera bref, je vous rassure, mais il y a encore des personnes qui se demandent « Agoria c’est quoi ? moi je suis membre de Fabrimétal ».  Je vais donc expliquer un peu comment la fédération a évolué.
Le deuxième point, sujet qui nous intéressera plus particulièrement, c’est le désintérêt pour les études et les carrières techniques.
Ensuite, j’aborderai les actions. On a tout essayé mais a-t-on vraiment tout essayé ? Question difficile…
Et enfin, les paradoxes et des pistes de solution ou de réflexion, car je n’ai certainement pas la prétention d’apporter le remède miracle.  Celui qui l’aurait trouvé serait déjà prix Nobel, s’il existait un prix Nobel de l’enseignement ou de l’éducation.

Commençons par situer Agoria en bref. En 2000, Fabrimétal a changé de nom pour devenir Agoria – Fédération de l’Industrie technologique. En gros, par rapport à la Fédération qui existait précédemment : métal, mécanique, électricité, d’autres secteurs se sont ajoutés comme les technologies de l’information… de sorte que quand je suis entré à Fabrimétal en 1990, il y avait 215 000 emplois  dans  ce  secteur,  aujourd’hui  il  y  en  a  plus  de
300 000, ceci par extension – si je peux dire – des activités de nos membres vers de nouveaux secteurs.
Quelques chiffres clés – qui montrent que l’industrie n’est pas morte dans ce pays et qu’elle est un vecteur important de développement et de création de richesses.   Les secteurs d’Agoria représentent presque 70 milliards d’euros de chiffres d’affaires au niveau national, 300 000 emplois directs (sans compter le nombre d’emplois indirects que cela génère dans d’autres secteurs), des investissements au niveau national de l’ordre de 3 milliards d’euros par an et – ceci est un aspect important – les ¾ quasiment de l’activité est à l’exportation ! C’est vous dire si c’est un secteur qui est sensible à la compétitivité et aux marchés internationaux.
La mission de notre fédération, comme celle de la Fédération des Notaires, des Médecins, des Dentistes, de la Construction … c’est améliorer l’environnement économique, social, juridique, technologique des entreprises par une série d’activités, de services, de représentation de leurs intérêts, d’actions collectives, de centres de recherche… toute une série d’actions que nous menons en partenariat notamment avec les organisations syndicales et souvent avec le Forem, les pouvoirs publics, etc.
Il y a quelques années, le Conseil de Direction d’Agoria s’est demandé quelles étaient les priorités sur lesquelles on devait travailler, cerner les conditions de développement d’une activité d’entreprise, d’une activité économique.
Pour créer une entreprise, pour la développer, il faut d’abord des hommes et des femmes, des compétences en quantité et en qualité, ce sera le sujet du jour !
Mais ces compétences ne suffisent pas. Il faut ensuite qu’elles innovent, qu’elles développent des activités, des produits, des services innovants qui seront remarqués sur le marché international notamment. On sait que le plan Marshall a reconnu l’innovation comme étant au cœur de son action.
Mais cela ne suffit pas encore ! Il faut que ces services et ces produits soient achetés par des clients à un certain prix. Ce prix devra être attractif et faire en sorte que le marché puisse absorber ces produits.
Et enfin – comment ne pas en parler après le prix Nobel qui a été remis hier notamment – il y a le développement durable, l’environnement durable et le souci de respecter l’héritage que nous avons tous reçu et que nous devons transmettre à nos enfants et petits-enfants.  C’est évidemment un des thèmes qui intéressent – et cela vous surprendra peut être – les industriels et dans lequel nous nous engageons assez fortement.

Nous n’allons pas aborder aujourd’hui ces derniers thèmes mais revenons plutôt aux compétences nécessaires en quantité et en qualité et au désintérêt des jeunes en général et de l’opinion publique pour les études et les carrières techniques.

Je vous ai préparé un petit quizz, c’est très à la mode !

Qui a dit et quand : «la pénurie de main d’œuvre qualifiée affecte de nombreuses entreprises. Elle entrave leur production et diminue leur rendement »
J’aurais pu vous dire que c’était dans la Nouvelle Gazette de ce matin… je crois que c’est tout à fait d’actualité !
La réponse est : la Fédération des Entreprises de Belgique - qui s’appelait à l’époque la Fédération des Industries de Belgique - dans son bulletin d’information en mai 1947.
Qui a dit et où : « près de 3 millions de postes seraient aujourd’hui vacants dans les entreprises. Trouver des employés pour des postes qualifiés, comme les ingénieurs, devient de plus en plus problématique. Le secteur des technologies de l’information devrait faire face à une  pénurie  de personnel qualifié estimée à 300 000 postes d’ici 2010 »

La réponse est : l’Europe. Ces chiffres caractérisent la situation au niveau européen. La source est un des organismes européens en matière de communication et d’études.
Qui a dit et où : « La société X a offert une récompense de 3000 € à quiconque lui permettrait de recruter un ingénieur ». 
Vous voyez qu’on a déjà vraiment tout essayé même l’octroi d’une prime pour recruter des ingénieurs.  Les vacances de postes d’ingénieurs étaient en hausse de 30 % l’année dernière et elles se chiffrent à 23000 postes aujourd’hui !
La réponse est : La société Siemens en Allemagne.
Ce qui est intéressant d’ailleurs, puisque nous savons tous que l’Allemagne est « par définition » le pays industriel de la technologie qui a toujours – même dans ses formations technologiques industrielles – remporté une cote très très importante. Malgré cela, elle n’est pas non plus épargnée par le sujet qui nous occupe !
Qui a dit et où : « 5000 nouveaux postes d’informaticien ont été créés en 1 an et les entreprises en cherchent toujours environ 14000 » et « 70% des entreprises déclarent avoir des difficultés à recruter des ingénieurs ».
La réponse est : La Fédération de l’Industrie en Belgique (Agoria). Communiqué d’avril et juin 2007.
J’ajoute – et c’était dans les journaux cette semaine – que la Banque Nationale vient de sortir de nouveau une étude dans laquelle elle indiquait que 25 % des entreprises estimaient que leur croissance avait été ralentie ces dernières années, faute d’avoir trouvé du personnel technique qualifié.
Première conclusion donc de ce chapitre : c’est que ce désintérêt pour les études et les carrières techniques est un problème qui est vieux comme le monde, qui ne concerne pas que notre pays de Charleroi, que notre Hainaut, notre Wallonie mais dépasse bien les frontières de la Belgique puisque cela se situe en Europe et même dans les pays qui étaient les plus industrialisés et qui avaient la formation technique la plus poussée.
Comment mesurer la situation à l’heure actuelle ?
J’ai essayé de récolter des chiffres. J’ai eu des complicités dans différents milieux et je pense donc que ces chiffres sont exacts.
Au niveau du secondaire technique et professionnel, trois réseaux confondus pour la Communauté Française, j’ai pris comme exemple la soudure et l’usinage. Voici ce que donne la population scolaire en classe terminale :
En 2000 : 268 élèves
En 2006 : 198 élèves
(diminution de 26% du nombre d’élèves).
Les offres d’emplois sur la même période, enregistrées par le Forem d’une part et l’intérim montrent, qu’en gros, il y a 1 diplômé pour 10 offres d’emplois.
Une petite anecdote : sur la même période, une entreprise de la région – dont je tairai le nom mais qui fabrique « les engins jaunes » de génie civil – recrutait pratiquement en mécano-soudage 200 techniciens par an !  Elle absorbait à elle seule l’ensemble des diplômés de la Communauté Française en soudage.
Autre exemple : les chiffres en ce qui concerne l’usinage (tournage, fraisage, machine-outil) :
En 2000 : 302 élèves
En 2006 : 82 élèves
(diminution de 73% du nombre des élèves) !

De sorte que si cette évolution vers le bas continue, on peut se poser la question de savoir si en 2012 il y aura encore une formation au niveau du secondaire en usinage, ce qui est tout à fait aberrant puisque nous savons tous que les entreprises continuent et continueront à recruter en nombre des usineurs !

Au niveau de l’enseignement supérieur technique de type court, sur une période s’étalant de 1997 à 2007, toutes spécialisations confondues, nous avons actuellement 3500 étudiants en 1ère Bac alors qu’en 1997 nous avions un chiffre un peu inférieur…
Mais ce qui est le plus remarquable – ou le plus inquiétant – c’est que l’augmentation que nous avions jusqu’en 2001, s’est muée depuis lors en une diminution.
Si je fais un « zoom » plus précis sur « l’informatique et systèmes » par exemple (catégorie technique), on constate bien, là, une croissance de 1997 jusqu’en 2004 et ensuite une diminution qui s’amorce jusqu’à nos jours.
Si on regarde maintenant « l’informatique de gestion » (catégorie économique), c’est encore plus flagrant ! Nous avons une forte hausse jusqu’en 2000 pour assister ensuite à une forte dégringolade (1600 étudiants en 2000 pour moins de 600 en 2007).
Si je regroupe toutes ces données, les chiffres pour l’informatique en général, en 1ère année, sont grosso modo :
En 2000 : 2539 étudiants
En 2006 : 1378 étudiants
(soit une diminution de près de la moitié…)

Voyons maintenant le nombre de diplômés ingénieurs : là aussi, 600 diplômés seulement ! !  Rappelez-vous, tout à l’heure je vous parlais des 14000 emplois libres dans les industries, les banques, les hôpitaux…
Evidemment ces 600 diplômés sont ceux de la Communauté Française uniquement mais la Flandre se trouve exactement dans la même situation que nous et fait face également à une diminution importante des inscriptions et du nombre des diplômés.
Un mot maintenant sur l’électromécanique :  dans ce domaine, cela va moins mal – si l’on peut dire – puisque cela reste constant ces dernières années : nous sommes autour de 350 inscriptions en 1ère année du baccalauréat. 
Je me suis laissé dire qu’au niveau du type court, il n’existait pas en Communauté Française de baccalauréat en mécanique… ce qui veut dire aussi que les industriels, par rapport à il y a quelques années, ne savent plus engager de gradués mécaniciens mais doivent se tourner sur d’autres types de diplômés.
En ce qui concerne l’électronique, nous assistons également à une diminution (moins de 150 inscrits en 1ère année du type court).
Pour les ingénieurs, nous pouvons voir l’évolution depuis 1985 jusqu’en 2007-2008. Là, j’ai un petit scoop puisque je possède les chiffres provisoires (donc n’en tirez pas de conclusion définitive) de la rentrée scolaire 2007-2008.
Vous voyez sur le graphique que pour les ingénieurs industriels les inscriptions en 1ère bac sont de 1980 étudiants pour la Communauté Française, tous réseaux confondus.
Le côté positif c’est qu’il semblerait que pour les ingénieurs industriels, par rapport à l’an dernier, il y ait une petite augmentation. Par contre, si on confronte le chiffre à celui de 1985, on voit une diminution de 53 % du nombre d’inscrits…
Pour les 4 facultés des sciences appliquées, en 1ère bac, l’estimation est de 1010 inscriptions venant de 1069, 20 ans plus tôt. Grosso modo, il y a une diminution légère et une stabilisation, semble-t-il, par rapport à la rentrée de l’an dernier.
Je n’ai pas de graphique à vous présenter pour la Flandre mais la situation y est encore plus catastrophique pour les ingénieurs industriels, où si on regarde sur 20 ans, on constate une dégringolade très importante !
Un élément que je dois aussi souligner: depuis maintenant 3 ans, le nombre d’ingénieurs industriels en 1ère année est inférieur au nombre d’ingénieurs civils.  Par contre, l’an dernier, 690 ingénieurs industriels ont été diplômés et 645 ingénieurs civils…
Un autre élément qui m’a surpris en analysant ces chiffres, c’est le fait que le nombre de diplômés ingénieurs industriels n’a pas véritablement diminué de manière importante, il est assez stable ! Alors que les inscriptions, elles, avaient diminué de façon importante…
Une des raisons qui explique cela, ce sont les passerelles ! Il y a un nombre significatif de gradués qui entrent directement en deuxième cycle avec le système de passerelles, ce qui permet d’augmenter le deuxième cycle sans avoir alimenté le premier.

Je pense, après tout cela, que l’on retiendra simplement que, encore aujourd’hui, on a de l’ordre de 2000 ingénieurs industriels et civils inscrits en Communauté Française et il en sort environ 1300 chaque année, diplôme en poche.
D’après les études faites à Agoria, il faudrait quasiment le double de diplômés pour l’ensemble de l’économie : les ingénieurs ne se trouvant pas uniquement dans les industries mais aussi dans les banques, les assurances, les services publics, les hôpitaux etc.

Passons aux actions entreprises maintenant…
J’ai dû évidemment être un peu restrictif et ne reprendre qu’une série d’actions ! mais c’est pour vous montrer qu’on a tout essayé ces 20 dernières années…
Commençons par le secondaire technique et professionnel :
On retient notamment qu’au début des années 90, une grande campagne avait été lancée sur la mécanique wallonne et nous avions mené l’action avec les organisations syndicales et la Fédération, le monde de l’enseignement , le SIEP, la Communauté Française etc… pour sensibiliser les jeunes et leurs parents aux métiers de la mécanique.
En 2002, de nouveau avec les organisations syndicales du secteur, Agoria avait lancé un Centre de ressources et de diffusion (Technopass) qui existe toujours et publie toute une série d’études notamment « l’Observatoire des qualifications et des professions » (ouvrage de référence) et qui permet de piloter les actions.
Tout a été fait : des DVD, CDRom, des jeux, des concours, un site Web et cela continue…
Toujours Technopass : a lancé en 2006-2007 un dépliant « Des études pour un job dans l’industrie ». Dans ce dépliant, on présentait les 10 préjugés qui ont la vie dure :
« je veux aller dans une bonne école » (si on choisit une école technique ou professionnelle, les parents et l’opinion publique pensent généralement que ce n’est pas une école de qualité…)
« je suis une fille » (dans les filières industrielles, il y a très peu de filles)
« je ne suis pas un ‘plouc’ » (les jeunes ne veulent pas aller dans des écoles qui donnent une image négative)
« je veux utiliser ma tête et pas mes mains » (quand on utilise une machine numérique, il en faut autant dans la tête que dans les mains)
« je pourrai toujours suivre une formation technique plus tard » (or il y a toute une filière technique et si on choisit le technique dès le secondaire, cela permet de poursuivre dans cette même filière après le secondaire)
« je souhaiterais faire des études supérieures » (comme je viens de le dire, à la fin du secondaire, on peut entrer dans le monde de l’emploi mais on peut également poursuivre)
« je souhaite un job comportant des défis » (on croit encore souvent que quand on a une qualification industrielle, on est une sorte de « presse-boutons »)
« je ne souhaite pas travailler dans une usine » (image négative de l’usine, des entreprises)
« je veux évoluer » (on pense toujours que lorsqu’on choisit d’être mécanicien ou soudeur, on l’est pour toute sa vie et qu’il n’y a pas d’évolution possible de carrière)
« bientôt, il n’y aura de toute façon plus d’industries chez nous » (nous nous réjouissons encore aujourd’hui qu’au sein du Gouvernement Wallon (et même Fédéral) l’industrie soit au cœur de la stratégie de développement économique et social de la Région)

Un autre type d’action a été menée en 1996, plus particulièrement au niveau des ingénieurs civils et industriels.  A cette époque, on s’est dit qu’il fallait s’adresser aux jeunes pour les sensibiliser, les informer en les attirant. Quand on dit « ingénieurs », on pense math, technologie, rigueur des chiffres, un environnement avec des appareils de mécanique etc… Or, pour les attirer, on s’est adressé à eux en montrant une jeune fille, sac au dos, dans la montagne et la verdure. Beaucoup ont dit que nous n’avions rien compris…
Le slogan sous cette affiche était « l’avenir a besoin  de vos rêves d’ingénieur ». Les jeunes ont effectivement besoin de rêver et d’accomplir un idéal. C’est cela qu’on a voulu prendre en compte.

Une autre action, 10 ans plus tard en 2007, associe les Hautes Ecoles, les Instituts Supérieurs Industriels, les Facultés des Sciences Appliquées, les Associations d’Ingénieurs Industriels et Civils et Agoria.
Découvrez le nouveau site web www.ingenieurs-metiers.be, faisant la promotion des métiers d’ingénieurs auprès des jeunes de l’enseignement secondaire. Petite anecdote que j’aime à relever : de nouveau 10 ans après, sur la première page du site, on a mis une fille pour représenter ce « jeune ingénieur ».  C’est évidemment parce que le problème est toujours récurrent : nous avons aujourd’hui de l’ordre de 5 % de filles en ingénieurs civils en informatique, 5 % également en ingénieurs industriels en électronique et en ce qui concerne le BA en informatique de gestion 11 % de filles…

Des actions sont aussi menées au niveau des demandeurs d’emploi – avec  l’aide des partenaires sociaux, le Plan Marshall, le Forem - pour faire un bilan de leurs compétences et essayer de les diriger vers les formations ou les emplois dits en pénurie. A partir de là, on met en place toute une campagne de communication dans la presse et par affiches.
Une dernière action, qu’il me plaît de souligner ici, également soutenue par le Gouvernement Wallon et le Gouvernement de la Communauté Française, c’est « Skillsbelgium ».
Il faut savoir que depuis 1992, avant que « Skillsbelgium » ne soit mis en place, des épreuves de qualification pour les jeunes de l’enseignement technique et professionnel en classes terminales sont organisées avec les entreprises. 
« Skillsbelgium » est maintenant l’organisation officielle qui prépare des jeunes belges pour concourir avec 50 autres pays aux jeux olympiques des métiers…
Voilà ! Je pense qu’en tant que secteur d’activité, on a VRAIMENT tout essayé au niveau local, au niveau belge et au niveau international. Nous nous sommes vraiment beaucoup investis !

La question évidente que tout le monde peut se poser c’est « mais à quoi tout cela a-t-il servi ? ». Quel est l’impact de tout cela ?
Je n’ai pas les outils en main pour mener toutes les évaluations mais je possède quelques éléments…
J’ai repris la campagne des ingénieurs qui avait été menée en 1996 et on voit, juste après cette action, un frémissement puisque les inscriptions d’ingénieurs industriels sont montées de 1400 à 1700 en 1ère année et à peu près la même chose en ingénieurs civils.
Au niveau de l’informatique, une campagne importante avait été menée en 1997. Evidemment il faut y ajouter l’effet du passage à l’an 2000 et le passage à l’Euro en 2002. On peut donc constater également que les inscriptions ont augmenté peu de temps après l’action menée…
En conclusion, à la question « a-t-on vraiment tout essayé ? », on peut se dire qu’on a tout fait, on a tous été mobilisés les uns les autres depuis longtemps, auprès de tous les publics et avec pratiquement tous les outils possibles.
Et le problème subsiste… malgré des améliorations conjoncturelles !  On peut se dire que si rien n’avait été fait… ce serait encore pire.

Il faut sans aucun doute continuer.  Mais ne faut-il pas essayer de trouver d’autres approches ? C’est à méditer…
La question à se poser est bien : est-ce « les jeunes dont l’industrie a besoin » ou bien plutôt « l’industrie dont les jeunes ont besoin » ?

Comme je le disais tout à l’heure, il n’y a pas une solution, mais des solutions… Il n’y a pas une cause mais bien des causes. Il n’y a pas de remède miracle, il faut privilégier les approches qui fonctionnent, celles qui sont pragmatiques et essayer de sortir des approches plus idéologiques.
J’aimerais mettre en évidence quelques paradoxes.
Le premier est que les jeunes sont fascinés par la technologie ! Quand je vois le temps que mes enfants passent sur le PC, le MP3, les rollers, le VTT etc… tout ce temps, ils le passent au contact de la technologie mais ils n’en font pas leur métier !
Comme explication, je peux avancer, sans doute, que le message que nous véhiculons dans nos actions est trop rationnel, que notre mode de communication ne « parle » pas aux jeunes… ils font leur choix d’abord en fonction de leur passion, de leur cœur… et tous les arguments rationnels ne les touchent pas vraiment.

Un second paradoxe c’est que les jeunes ont un idéal, ils veulent changer le monde et c’est bien normal à 16 ou 18 ans ! Mais ils ne voient pas en quoi l’industrie et la technologie prennent en compte ces défis et peuvent y apporter des solutions.
Ici encore, il faut véhiculer un message qui touche directement les jeunes « quand vous travaillez dans l’industrie, dans la technologie, vous contribuez à un monde meilleur, à trouver les solutions de demain ».
Troisième paradoxe : les entreprises recrutent des diplômés techniques mais n’en trouvent pas assez ! Or, ces débouchés on en parle partout dans les journaux, dans les actions que nous menons. Cela n’a pas un effet suffisant sur les inscriptions dans les écoles. 
Ne faut-il pas aller plus loin que ce qui existe aujourd’hui comme orientation scolaire ? Une sorte de numerus clausus à l’envers. Orienter de façon obligatoire par exemple en vidant certaines sections surpeuplées par rapport aux débouchés pour en remplir d’autres, en pénurie d’inscriptions.
Je prends un risque en disant cela mais je pense qu’il y a matière à réfléchir sur ce système plus incitatif et plus contraignant pour orienter davantage vers ces filières en pénurie…

Quatrième et avant-dernier paradoxe et piste de solution : la pénurie de main d’œuvre existe même dans les régions où le taux de chômage est le plus élevé !  Des entreprises se plaignent que dans une région avec plus de 22 % de taux de chômage, elles n’arrivent pas à recruter du personnel !
Il faut faire passer l’idée que la recherche active d’un emploi et d’une formation précède le droit au chômage.  L’activation des demandeurs d’emploi est un sujet qui est important également.

Le dernier paradoxe c’est que généralement, on considère que l’enseignement technique est une impasse ! On ne voit pas suffisamment les passerelles  qui sont possibles entre les niveaux d’enseignement.  Une des pistes qui existe c’est d’imaginer un décloisonnement un peu plus actif et une innovation à cet égard.
Nous avons par exemple dans la région un aéropôle qui symbolise le développement économique et technologique de la région.  Mais ce qui frappe c’est que nous avons des Centres de formation (TechnoFutur, le Wan) mais l’enseignement technique du secondaire jusqu’au supérieur, voire même universitaire n’est pas présent de manière très forte sur un site comme celui là…
Donc, pourquoi ne pas imaginer l’idée d’un Campus : éducation, formation et industries sur un même site ? Je me souviens avoir visité, il y a plus de 15 ans, dans la banlieue de Paris, une école de mécanique et sur le même site, vous aviez les industries. Toute la filière était représentée sur le même site… Et pourquoi pas demain à Charleroi ?

Pour conclure : éduquer, informer, promouvoir et inciter dès le primaire ! 
L’idée de la campagne qui va démarrer tout prochainement est de faire en sorte que dans 10 ans, à l’occasion d’une prochaine rentrée académique, on constate que la courbe a repris une autre évolution grâce aux actions qu’il nous faut continuer à mener ensemble !
Je vous remercie de votre attention et reste disponible via mon mail pour ceux qui voudraient continuer le débat ou auraient des questions à me poser.
Merci.
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CLOTURE DE LA SEANCE
Par Monsieur Guy BEART,
Directeur Général Régional
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Je tiens à remercier chaleureusement Monsieur CASTAGNE pour son exposé et fais le même vœu que lui : puissions-nous nous retrouver dans 10 ans avec de bonnes nouvelles !
Un grand merci à vous tous également pour votre présence aujourd’hui et votre attention.
Je vous propose de terminer cette séance solennelle 2007-2008 sur une « note plus légère » avant de prendre ensemble le verre de l’amitié.
Phil Abraham, tromboniste autodidacte, m’a fait l’honneur d’accepter mon invitation et va vous proposer quelques morceaux accompagné de jeunes musiciens talentueux.
Permettez-moi d’abord de vous le présenter succinctement :
Aussi appelé le « Chet Baker du trombone », Phil est considéré comme l’un des plus grands jazzmen de notre pays.
L’évolution stylistique de Phil est parallèle à l’histoire du jazz et bien qu’il soit clairement un soliste moderne, il collabora avec un large éventail de musiciens d’horizons différents et de renommée internationale : Michel PETRUCCIANI, William SHELLER, Charles AZNAVOUR, Richard GALLIANO, Dee Dee BRIDGEWATER, Claude NOUGARO, pour ne citer qu’eux …
Depuis 1988, Phil n’a cessé d’obtenir récompenses et autres prix. En voici les principaux :
1988 : Premier Prix au Concours International de Jazz de Sorgues (France)
1989 : Prix du meilleur soliste au « Concours de la Défense » à Paris
1998 : Elu meilleur tromboniste belge et européen par les auditeurs des radios belges et par l’ensemble de la presse critique belge francophone
1999 : Il est à nouveau élu meilleur tromboniste belge et européen
2000 : Second prix au Concours International de Solistes Jazz de Monaco
En plus d’être passé maître dans son instrument fétiche, Phil excelle aussi dans l’art du scat.
Phil est un véritable soliste avant tout. Il peut s’intégrer facilement à n’importe quel orchestre et en devenir le leader si nécessaire.
Depuis maintenant trois ans Phil met au point un projet en Solo. Une formule assez particulière où il alterne standards de jazz et humour délirant.
Parallèlement à ce projet solo, Phil joue couramment dans une formule Trio. Une musique alliant ses compositions personnelles et quelques incontournables du jazz contemporain. Une musique d’une précision et d’une délicatesse extraordinaires mettant en avant son caractère de leader. 

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PROGRAMME DU CONCERT 


Equinoxe (John Coltrane)
Bye Bye Blackbird (Ray Henderson)
Someday my Prince will come (Frank Churchill)
On green Dolphin Street (Bronislav Kaper)
Stella by Starlight (Victor Young)


Musiciens

Phil ABRAHAM (Trombone)
Lorenzo DI MAIO (Guitare)
Julien LOUTELIER (Batterie)
Félix ZURSTRASSEN (Basse)

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